Portons-nous tous un masque ?

L’habit ne fait pas le moine me direz-vous ?

Pourtant, chaque matin, nous piochons dans notre garde-robe la tenue qui reflétera notre humeur du moment ou celle qui s’adaptera parfaitement à la situation, tailleur pour le travail, jean basket pour un moment détente, petite robe sexy pour envoûter son amoureux.

Vous êtes plutôt fashion victime, sportswear, classique, bohème. Votre garde-robe reflète votre caractère.

De là, à dire que nous enfilons une personnalité comme nous enfilons un jean, il n’y a qu’un pas.

Nous utilisons tous les jours des traits de caractère pour décrire notre façon d’être ou celle des autres : avoir une forte personnalité, être extravertie ou effacée, et parfois même manquer de personnalité.

Qu’est-ce qui fait que nous soyons timides ou exubérants et peut-on être les deux à la fois ?

Qu’est-ce que la personnalité ?

Ce terme vient du latin persona qui désignait le masque de théâtre que les acteurs de l’Antiquité portaient pour désigner différentes émotions ou attitudes. Elle est alors considérée comme une image sociale assez superficielle que les personnes adoptent en jouant des rôles.

On sait de nos jours qu’elle est définie par la manière de penser, d’être et d’agir d’un individu dans différentes situations.
La personnalité est une structure stable avec un mode de fonctionnement régulier qui permet de prévoir à peu près les comportements et les attitudes d’un individu.

Est-ce que le physique influence le caractère ?

Non, des études sont formelles. Notre physique n’agit pas sur notre personnalité. Malgré les idées préconçues, tous les maigres ne sont pas tristes, tous les gros ne sont pas de bons franchouillards, toutes les blondes ne sont pas… Blondes.
Les traits de personnalité sont modérément héréditaires. Tous les membres d’une cellule familiale peuvent partager des traits de caractère, mais ce qui forge la personnalité d’un individu, ce sont les moments non partagés avec sa famille.

Les expériences vécues avec les autres personnes dans différents environnements comme l’école, les activités extra-scolaires, dans la rue, à la crèche font que deux enfants élevés de la même façon avec les mêmes parents développeront chacun une personnalité propre.

Les différences individuelles seraient en proportion dues à 40% à la génétique et à 60% aux expériences non partagées, c’est-à-dire non vécues dans la cellule familiale.

L’environnement est donc un facteur important où nous pouvons développer notre personnalité. La plupart du temps, nous privilégions les lieux où nous pouvons évoluer sans trop de contraintes sur nos traits de caractère. Quelqu’un de timide cherchera à évolué dans un groupe restreint qui est plus sécurisant alors que quelqu’un d’exubérant adorera faire de nouvelles rencontres.

L’achèvement de la personnalité s’effectue entre la fin de l’adolescence et l’âge de 30 ans. De son bon développement dépendra l’équilibre de la personne à l’âge adulte. Des difficultés survenues au cours de ce développement seront vecteur de trait de personnalité dysfonctionnel voir de pathologie.

Traits de caractère et psychologie

Qui n’a jamais fait de tests (dessiner des maisons, choisir des arbres, voir des images dans des tâches …) dans les magazines ou sur le web pour connaître sa personnalité.

Selon Sigmund Freud (1856-1939)

La personnalité, c’est comme un Mojito. (la comparaison est de moi, je ne crois pas que Sigmund buvait des mojitos ;)). La recette est la même pour tout le monde ce qui change, c’est l’équilibre des ingrédients.
La personnalité est un mélange de trois composants :

  • le ça (siège des pulsions) ;
  • le surmoi (morale et interdit) ;
  • et le moi ( régulateur plus on moins conscient du ça et du surmoi).

Selon Ivan Pavlov (1849-1936)

Nous sommes ce que nous faisons. C’est l’apprentissage qui établit le comportement. On ne parle pas de personnalité innée, seulement de celle acquise.

Personnellement, je n’adhère pas à cette explication qui est trop restrictive à mon goût. Mais les travaux de Pavlov sur le conditionnement classique, ont montré que l’on pouvait agir sur les réactions réflexes de l’organisme grâce à des stimuli extérieurs. L’apprentissage par conditionnement classique serait la cause de nombreuses phobies.

Ma mère à une peur incontrôlable des araignées qui lui vient de ma grand-mère. Quand j’étais petite, à chaque fois qu’elle voyait une araignée, elle me prenait dans ses bras pour m’en éloigner. En grandissant, je me suis mise à avoir une peur panique des arachnides en tout genre. La moindre vision de leur patte me donnait envie de vomir et de prendre mes jambes à mon cou. J’avais appris à en avoir peur sans aucune raison rationnelle comme l’expérience d’être piqué.

Selon George Kelly (1905-1967)

l’approche cognitive met l’accent sur le raisonnement et le traitement mental de l’information. Nous apprenons, anticipons et contrôlons notre environnement. Nous adaptons notre comportement à la situation selon notre perception et notre personnalité. Même si c’est un processus intérieur, l’environnement et surtout les interactions sociales jouent un rôle dans la construction de notre personnalité.

Les cinq dimensions : Big Five

Carl Gustav Jung(1875_1961) a établi 5 critères (Big Five) qui sont utilisés aujourd’hui en psychanalyse analytique.

Pour faire simple, notre caractère est composé de cinq dimensions qui sont chacune un trait de personnalité où vous placez votre curseur.

Par exemple, si votre curseur est plus vers ouverture d’esprit que conformisme vous serez plus enclin à aimer la nouveauté.

La combinaison de ces 5 facteurs donnera un type de personnalité et chaque sous-dimension des traits de personnalité.

  1. émotionnel et névrotisme : réponse au stress, gestion de l’agressivité, contrôle de l’anxiété ;
  2. extraversion et introversion : balance entre aller vers les autres et s’en éloigner pour développer son autonomie ;
  3. ouverture d’esprit et conformisme : découvrir les autres, le monde, envie d’aventure et de nouveauté contre tradition conformisme, valeur conservatrice ;
  4. agréabilité et non agréabilité : envie de cohésion avec autrui contre intérêt personnel ;
  5. la conscience et l’inconscience : mesure de la capacité devant l’effort, l’autodiscipline, le respect des obligations.

Où se cache notre personnalité dans notre cerveau ?

La partie pré-frontale de notre cerveau (celle placée contre notre front) joue un rôle important dans la construction de la personnalité.

Elle est le centre de fonctions cognitives comme la mémoire de travail, le raisonnement et le langage. C’est la partie du cerveau qui a subi le plus important développement au cours de l’évolution des primates jusqu’à l’Homme moderne.

En se servant des Big Five, les chercheurs ont conclu que les critères pouvaient être associés à l’épaisseur, la surface et les plissures du cortex cérébral (la matière grise qui entoure notre cerveau).

Faire ce que l’on dit et dire ce que l’on fait

C’est souvent le mantra des fortes personnalités. Ces personnes sont en harmonie entre leurs pensées et leurs actions même si cela engendre des tensions avec les autres.

Les personnes moins affirmées seront tiraillées entre leurs pensées et leurs actions ce qui génèrent des tensions internes.

S’affirmer ce n’est pas plier l’autre à votre vision c’est trouver l’accord entre vos pensées et vos actions.

*l’image est une photo de Carl gustav Jung

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