On dit merci qui ?

Avez-vous souvent entendu une personne se plaindre qu’elle faisait tout pour les autres sans jamais recevoir un petit merci. Mais que recherche-t-elle vraiment ?

La reconnaissance, l’amour, l’approbation.

Si c’est cela, il y a de fortes chances qu’elle ne s’y prenne pas de la bonne façon.

Définition de l’ingratitude selon mon expérience de maman

En devenant parent, on passe forcément par ce sentiment. Après tout ce qu’on fait pour nos enfants au quotidien, certaines de leur réaction manquent cruellement de gratitude.

Un matin, mon fils de 13 ans ouvre le placard et ronchonne qu’il n’y a rien pour petit-déjeuner. Je lui dis qu’il reste du pain grillé. Mais sa mauvaise humeur aidant, il me rétorque qu’il n’aime pas ça et qu’il n’y a plus sa marque préférée de gâteau.

Je dois bien avouer que cela m’a un brin agacé, mais en maman aimante, je lui réponds que j’irai faire des courses sur l’heure de midi. Je lui fais tout de même remarquer que je vais prendre du temps sur ma pause et que faire des courses n’est pas ma plus grande passion.

Il me regarde et cet INGRAT me rétorque « Tu n’as pas le choix, c’est bien à toi de faire les courses, tu es obligé de nous nourrir. »

La définition de l’ingratitude selon mon expérience d’enfant

Je l’avoue, je pense avoir été aussi ingrate envers mes parents jusqu’à ce que je me rende compte en devenant adulte de tout ce qu’ils avaient fait pour moi.

Cela dit vouloir de la gratitude de la part de ses enfants, c’est un peu gonflé. Leur réclamer de la reconnaissance alors qu’ils n’ont rien demandé et en tout premier lieu de naître. Vous pouvez toujours leur rappeler que leur paquet de gâteau, vous êtes bien sympa d’aller leur acheter sur votre pause déjeuner, il n’y a que vous qui mesuriez l’effort que cela vous demande.

Alors demander de la reconnaissance pour une action que vous avez fait sans qu’on vous le demande pour une personne qui ne vous a rien réclamé, est-ce vraiment justifié ?

Le sauveur, la victime, le persécuteur

Connaissez-vous le triangle de Karpmam ?

Le triangle dramatique ou triangle de Karpman est un des jeux de manipulation de la communication. C’est une figure d’analyse transactionnelle proposée par Stephen Karpman en 1968 (dans son article Fairy Tales and Script Drama Analysis) .

Le triangle dramatique est un jeu psychologique entre deux personnes capables de jouer alternativement les trois rôles, victime, persécuteur et sauveur
Pour en savoir plus, je vous laisse regarder cette vidéo qui traite le sujet avec humour et simplicité.

  • En étant dans la position de celui qui donne en attendant un retour on passe d’abord par la position du sauveur en jouant un rôle narcissique et gratifiant.
  • Quand la reconnaissance ne vient pas, on devient alors victime en ce plaignant.
  • Enfin, on peut devenir persécuteur envers ceux qu’on a aidé en les culpabilisant et en critiquant ce manque de reconnaissance.

La boucle est bouclée (oui, je sais, c’est un triangle, mais j’aime bien les figures de style).

Dire merci, ce sentiment qui met mal à l’aise

Requérir l’assistance d’autrui est un signe de faiblesse.

Les femmes ont beaucoup plus de facilité que les hommes à s’entraider. Au temps de nos ancêtres homo sapiens, puisqu’elles ont une force physique moindre, les femmes s’organisent tout naturellement à plusieurs dans les tâches quotidiennes.

Au cours des siècles, dans notre société patriarcale, la femme a toujours été en position où elle devait demander : fille, épouse ou mère, elles dépendaient d’un père, d’un mari ou d’un fils.

Malgré les évolutions vers l’égalité des sexes dans notre pays, demander de l’aide reste plus normal et donc plus facile pour une femme que pour un homme.

(Réflexion pour plus tard : homme, femme, existe-il un 3e sexe?)

L’exemple type est le fameux trajet en voiture sur des petites routes paumées où la femme décide de demander la route au premier autochtone croisé et que l’homme répond « Non, je vais bien finir par trouver ».

Vous connaissez cette situation qui finit un peu tendue quant au bout d’un demi-heure vous vous apercevez que vous êtes déjà passer par là.

La femme ne comprend pas pourquoi il est si difficile de demander le chemin et reproche au conducteur cette perte de temps.

Ce dernier, pour qui demander de l’aide est une faiblesse, entend dans les reproches la mise en cause de ses compétences.

Il y a fort à parier que malgré cette incompréhension mutuelle, le couple arrive quand même à destination, mais probablement moins enthousiaste qu’en partant.

se sentir redevable, un sentiment gênant

Se sentir redevable n’est pas une position simple surtout si nous pensons que toute notre vie, quoique que nous fassions nous ne pourrons rendre la pareille.

Pourquoi ne pas simplement remercier les personnes qui nous ont permis de nous sortir d’un moment difficile sans sentir d’obligation envers eux.

En ayant reçu ce coup de pouce si précieux, nous sommes à même de comprendre combien il est important de s’entraider.
Notre meilleure action serait alors d’aider une autre personne sans penser qu’elle a une dette envers nous. Faire quelque chose pour quelqu’un en attendant un retour ne peut être que frustrant.
Si vous aidez les autres pour :

  • Recevoir de l’amour. C’est une erreur, on doit vous aimer pour ce que vous êtes.
  • Recevoir de la reconnaissance. C’est une erreur, on doit reconnaître vos qualités, vos compétences, vos dons.
  • Recevoir de l’approbation, c’est une erreur, la première personne que vous devez rendre fier, c’est vous.

Donner un coup de main ne devrait être motivé que par l’envie et le plaisir d’aider.

Alors on dit quoi ? On dit merci la corneille pour cet article 😉

Le tableau s’intitule « Merci la vie  » de Sophie Costa

3 commentaires sur “On dit merci qui ?

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  1. Je ne connaissais pas le nom « triangle de Karpman », merci de la découverte.
    J’ai connu longtemps des gens qui offraient dans le but de recevoir, générant un stresse dès que l’ont recevait quelque chose de leur part, se disant que même si l’ont a rien demandé, on devra donner en échange. Et si on ne le faisait pas, et bien oui, on se reprenait une ribambelle de pseudo reproche camouflés vis-à-vis de notre ingratitude.
    A un tel point que pour finir, nous ne voulions même plus avoir affaire à ces gens que pourtant nous appréciions, par peur de recevoir quelque chose.
    Je suis une piètre cuisinière alors j’avais demandé à ce couple d’amis si un repas simple type pâtes carbonara leur convenait. Ils ont accepté avec le sourire. Confiante, le fameux soir, je lance mon eau à bouillir. La femme vient me proposer son aide (pour des pâtes à cuire… ? Sérieusement…) alors je lui réponds que tout va bien, que je me débrouille, mais elle se met en tête de touiller l’eau avec la cuillère en bois et vérifier la cuisson etc. Prise dans une discussion avec les hommes, je m’éloigne du feu et c’est elle qui a dû me signaler quand les pâtes étaient prêtes. J’ai terminé la préparation et ai tout apporté à table.
    Plus tard, cette scène me fut reprochée comme quoi non seulement je ne leur avais faire « que des pâtes » mais qu’en plus c’était madame qui avait dû cuisiner à ma place… Alors que même s’il est vrai que chez eux les plats sont souvent préparé avec soin et délicieux, il nous est aussi arrivé de commander des pizzas…
    Je dois avouer que ce genre de comportement ne me donne non pas envie de me plaindre mais juste de ne pas réitérer l’expérience, de prendre mes distances, petit à petit, ne plus rien accepter. Comme ce poulet séché gracieusement offert à mon chien, pour m’être reprocher ensuite « Quand je pense que j’ai offert du poulet séché à ton chien » (poulet séché qui a manqué de peu d’étouffer mon chien, ceci dit en passant…).
    Bref, je dois dire que je vois peu de monde pour ce genre de raisons et je ne m’en porte pas plus mal. Entre l’amie qui se plaint constamment de son boulot mais refuse toutes les solutions proposées (à croire qu’elle aime son statut de victime) et l’autre qui ne sait qu’être le bourreau critique des autres, se pensant meilleure que les autres, ceux qui attendent des retours à chacun de leur geste, etc.
    J’ai eu des geste généreux que j’ai pu regretter par la suite, me distant que la personne n’avait pas réellement mérité ma générosité, mais je n’ai jamais été dans l’attente d’un retour, encore moins quand c’était de ma propre initiative. Quand c’était face à un coup de main demandé, j’ai effectivement souvent eu à faire face à de l’ingratitude. On rend service, on prête de l’argent qui ne nous est jamais rendu, on prend la journée pour aider à déménager, etc. et on n’a même pas un merci… Alors que là, oui, j’attends un minimum de gratitude car il y avait une demande à laquelle j’ai répondu favorablement. Mais dans de tel cas, encore une fois, je ne veux pas jouer ma victime, je n’en parle pas (si, je râle, auprès de mon mari qui connait la situation de base, mais je ne vais pas tenter de ternir la réputation de tel ou tel), mais je n’aide plus après coup et/ou je prends mes distances…
    Face à ma fille, elle est encore petite et je ne doute pas que je ressentirai de l’ingratitude de sa part dans le futur, mais j’essaie de m’accrocher à l’idée qu’à la base, elle n’a rien demandé, pas même à être là… Effectivement.
    Très intéressant cet article.

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