Arrête de raconter des histoires sinon je le dis au père Noël

Le jour où j’ai appris que le père Noël n’existait pas j’avais 6 ans peut-être 7 ans. C’était à l’école. Ce qui est certain c’est que lorsque j’ai compris que c’était un mensonge,  je suis tombée de haut même si au fond je m’en doutais un peu.

D’abord parce que j’avais bien étudié les rennes et que je n’avais trouvé aucune trace d’une espèce de cervidé qui puisse voler en tirant un traineau.

Ensuite dans mon entourage, je ne connaissais aucune personne qui avait un lutin dans sa famille ou dans son voisinage. Je trouvais aussi bizarre que le gros bonhomme rouge puisse livrer autant de cadeaux en une seule nuit malgré les explications plus farfelues les unes que les autres que mes parents essayaient de me faire avaler depuis qu’ils se doutaient que je me doutais de quelque chose.

Enfin, le gros barbu s’était trompé une ou deux fois dans ma commande en m’offrant cette année là, un pantalon mauve affreux et l’année précédente un shampoing odeur bizarre que j’avais vidé dans les toilettes, histoire que ma mère en rachète un autre (il est évident qu’à l’époque j’étais moins écolo qu’aujourd’hui).

Mentir aux enfants

Rentrée de l’école, je me suis enfermée dans ma chambre pour faire le point. Les licornes n’existent pas, les fées non plus, j’avais de gros doutes sur l’existence de Dieu. Mais un mec en rouge dans un traineau tiré par des rennes qui distribuent des cadeaux à tous les enfants de la terre en une nuit, j’avais quand même plutôt bien accroché au concept. Jusqu’à ce jour où dans la cours de récré j’ai appris la terrible vérité : Ce sont les parents qui mettent les cadeaux sous le sapin.

Je peux vous dire que j’ai rapidement remis en doute toutes mes croyances.

– La petite souris? ai-je demandé.

– Elle n’emporte pas les dents en laissant une pièce.

– Les poules de Pâques?

– Les femelles gallinacées ne pondent pas d’œuf en chocolat.

– Les princes transformés en crapaud ?

– Pas à ma connaissance, avait répondu mon père.

Je dois bien admettre que celle-là, elle m’a soulagé un chouia. Embrasser un crapaud me dégoutait suffisamment pour prendre la décision de rester célibataire un bon moment. (Bon j’ai mis quelques années de plus pour comprendre que le prince charmant n’existait pas non plus).

Je vous rassure je me suis remise  d’apprendre que le père Noël était une fable.  En étant de connivence, je faisais partie des « grands ». Ensuite, j’ai pris un grand plaisir à faire vivre la magie pour mon petit frère et ensuite pour mes enfants.

Sommes-nous tous des menteurs ?

Un adulte ment au minimum 2 fois par jour soit 14 fois par semaine, 56 fois par mois, 2912 fois par an. Le mensonge d’après Wikipédia est l’énoncé délibéré d’un fait contraire à la vérité, ou encore la dissimulation de la vérité, on parle alors de mensonge par omission. Je ne parle pas des menteurs pathologiques comme les mythomanes mais des mensonges communs que vous et moi utilisons tous les jours.

Il y a plusieurs types de mensonges :

Le mensonge égoïste

C’est celui qui nous permet de nous valoriser aux yeux des autres ou alors d’obtenir un avantage. On enjolivera par exemple nos défauts « Je ne dirai pas que je suis quelqu’un de bordélique, non je suis créative ». On valorisera notre participation « Nous avons fait le repas ensemble mais les recettes sont entièrement de moi ».

Le mensonge rigolo

C’est celui dont on se sert pour grossir la vérité et rendre l’histoire intéressante. Un peu comme celui que je viens d’utiliser pour l’histoire au-dessus. Entre vous et moi, je ne pense pas que tout ce soit passé ainsi mais c’est plus marrant en le racontant comme ça.

Le mensonge social

c’est souvent le mensonge par omission pour ne pas blesser son interlocuteur. On évite les « tu as une sale gueule aujourd’hui » ou alors « ta nouvelle robe ne te va pas du tout » à ses collègues de bureau. On encourage avec des « Wouah il est beau ton dessin de chien. un quoi? Oui un camion j’avais reconnu. » à tous les artistes en herbe.

Le mensonge anti-conflit

celui-ci marche pour le couple avec des phrases du genre « Toi, grossi, Noooon ! » « oui, oui je t’écoute » (il énerve celui-là) ou « Combien ça m’a coûté? Oh ! Pas cher ».

Le mensonge pour éviter une punition ou une rupture.

On cache, on nie, on trouve des réponses plausibles à des questions improbables. On s’enlise dans des explications contradictoires. C’est Bill Clinton qui déclare « Je n’ai pas eu de rapports sexuels avec cette femme, Mademoiselle Lewinsky ».

La vérité c’est que nous sommes incapable de ne pas dire de mensonges.

Le mensonge est un acte social comme répondre « très bien » à la question « Ca va ? » même après une journée merdique. Nous enjolivons la vérité pour la rende plus intéressante, pour ne pas faire de peine, pour se protéger ou protéger autrui, pour obtenir de l’attention, de l’affection, de la considération ou des choses matériels.

Et puis la vérité appartient à chacun. Le pantalon mauve moche pour moi était surement joli aux yeux de ma grand-mère. (Réflexion pour plus tard : Est-ce qu’on ne devrait pas plutôt parler de SA vérité plutôt que de LA vérité). Savoir que son cadeau ne me plaisait pas aurait fait de la peine à ma grand-mère. Je lui ai donc menti avec un « oui » accompagné d’un beau sourire sincère.

Alors si nous mentons par altruisme, est-ce vraiment un vilain défaut? Partagez votre avis en laissant un commentaire.

*L’image est tirée du film « le père Noël est une ordure »

5 commentaires sur “Arrête de raconter des histoires sinon je le dis au père Noël

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  1. J’ai toujours été quelqu’un de très honnête, mais il est clair que si l’on voit le mensonge partout, alors oui, je mens de nombreuses fois par jour…
    Mais je dois avouer que je ne suis pas tout à fait d’accord avec les définitions des mensonges qui sont proposées ici (non pas dans l’idée d’opposition mais d’échange d’idées et de points de vue)…
    Je pense que le mensonge social ou par omission n’existe que si on cache consciemment un élément de réponse demandé par une personne. Si on oublie cet élément de réponse parce que ça nous est réellement sorti de la tête, ce ne sera pas un mensonge, mais bien un oubli.
    Après, ce n’est pas non plus mentir par omission de ne pas dire à quelqu’un qu’il a une sale tête car, dans un autre registre, ce serait un mensonge par omission de ne pas lui dire qu’il a un joli fond d’écran à son ordinateur, que son café sans sucre est trop amer à notre goût, que ses chaussures sont chics, etc. On peut faire ça avec tout. Ce n’est pas que parce que ça touche un élément négatif (qui laisse penser qu’on n’ose pas en parler) que cela doit être dit. Je ne vais pas forcément signaler à une personne qu’elle a une belle chemise, tout comme je ne lui signale pas forcément qu’elle a une sale tête. Ce n’est pas un mensonge par omission, ce n’est juste pas mon problème ou je n’ai pas envie de parler de ça, ou, effectivement, de blesser la personne pour rien et qui sait peut-être très bien qu’elle n’a pas bonne mine mais que ce n’est dû qu’à une mauvaise nuit. Pas besoin de le signaler.
    Pour le mensonge égoïste, là encore, je ne comprends pas trop où se place le mensonge… Dans l’exemple « Je ne dirai pas que je suis quelqu’un de bordélique, non je suis créative », j’y entendrais plutôt une sorte de dérision vis-à-vis de soi-même, de l’ironie pour mieux assumer ses défauts. Sauf si c’est dit avec sérieux, dans un tel cas, peut-être que la personne y croit et dans ce cas encore, ce n’est pas un mensonge mais une mauvaise perception des choses, ou alors un complexe non avouable. Pour le deuxième exemple « Nous avons fait le repas ensemble mais les recettes sont entièrement de moi », je ne vois pas où est le mensonge. Certes, la personne se met en avant, mais ce n’est pas pour autant un mensonge. Peut-être que l’information est effectivement fausse mais l’exemple n’offre pas la possibilité de s’en rendre compte… Après, oui, il y a effectivement des personnes qui se mettent en avant avec des mensonges, frôlant la mythomanie dans un tel cas, sinon, on rejoint l’idée du mensonge dit « rigolo » qui est de grossir les faits pour les rendre plus attrayants.
    En parlant du mensonge rigolos, j’ai presque envie de dire que celui-ci, tout le monde sait que c’est un mensonge, que ce n’est pas l’exacte vérité, mais on s’en fiche car effectivement, l’histoire est mieux ainsi. Est-ce réellement un mensonge du coup ? Pour reprendre le thème du titre de l’article, dire que le Père Noël existe est-ce un mensonge ou un conte, un rêve ? Doit-on priver les gens (les enfants) de rêves sous couvert de la vérité ? Doit-on leur dire que non, les fées ou les extraterrestres n’existent pas ? alors bien que nous n’ayons pas de preuve de leur existence, nous n’en avons pas plus de leur inexistence…
    Est-ce mentir ou participer aux rêves et à l’imaginaire des enfants ? Un romancier nous ment-il quand il nous raconte une histoire ou se contente-t-il de nous raconter une histoire qu’on est libre de croire ou non ?
    Pour moi, le mensonge ne relève que d’une seule définition : Cacher volontairement et consciemment une information à quelqu’un qui souhaite connaître la-dite information. Cela comprenant la notion de confiance également. Pour l’exemple le plus commun, la fidélité. Si l’un des conjoints trompe sa moitié, et qu’il préfère ne rien dire, alors il y a, ici, mensonge par omission car une vérité que l’autre souhaiterait probablement connaître qui n’est volontairement pas révélée… Après, évidemment, cela dépendra du couple. S’il est clair qu’en cas d’infidélité l’autre annonce qu’il préfère l’ignorer que de souffrir, alors il n’y a pas mensonge, car il n’y a pas de confiance brisée mais le respect d’un souhait.
    C’est ma vision personnelle du mensonge 😉 Mais après, effectivement, chacun sa vision.

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    1. Merci pour ton avis détaillé. Mais le mensonge n’est il pas simplement le contraire de la vérité. Et dans ce cas-là on peut se demander ce qu’est réellement la vérité. Ce que l’on voit. Ce que l’on pense. Ce que l’on perçoit. Ce qui se passe réellement. Je pense faire bientôt un article sur cette question.

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      1. C’est effectivement pertinent…
        Mais comme la vérité est propre a chacun ou du moins difficile à déterminer avec précision, chacun pensant avoir sa propre vérité, ne faut-il pas totalement décorréler mensonge et vérité, ne plus les voir comme des mots contraires, mais exprimant deux concepts simplement. Tout comme le carré n’est pas le contraire du cercle sous prétexte qu’il a des angles, mais reste une forme géométrique différente, et par de nombreuses caractéristiques, opposées… (?)

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