Je ne suis pas quelqu’un de gentil

Je me suis dit que l’usage voulait que je me présente. C’est normal quand on se rencontre pour la première fois. Vous, moi, que nous ayons envie de savoir à qui nous nous adressons, avec qui nous causons. Souvent lors des présentations nous donnons notre prénom, notre nom, ensuite vient notre profession, je suis vendeuse par exemple. Nous nous présentons souvent par rapport à ce que nous faisons professionnellement, à ce que nous possédons, moins par rapport à notre personnalité

Quand vous dites je suis vendeuse c’est un fait vérifiable et précis, évaluable. En un seul coup d’œil, votre interlocuteur peut se référer à une norme, savoir s’il gagne plus ou moins que vous, dans quel milieu social vous évoluez.

Qui suis-je vraiment ?

la réponse est  compliquée parce que la réalité se situe quelque part entre la façon dont nous nous voyons et celle dont les autres nous voient.

Dernièrement on m’a dit que j’étais quelqu’un de gentil. Ça m’a surprise car je ne me considère pas comme quelqu’un de gentil.  Alors, je me suis rappelée de qualificatifs que des personnes avaient employés à mon encontre et qui ne correspondent pas à l’image que j’ai de moi.

(Petite réflexion pour plus tard : Le personnalité est un mot qui vient du grec et qui signifie masque. De là à se demander si chaque matin nous enfilons notre jean et la personnalité qui va avec, il n’y a qu’un pas.)

Estime de soi : Comment les autres me considèrent et comment je me perçois

Je ne suis pas quelqu’un d’authentique

Je dis ce que je pense. Ça ne fait pas de moi une personne sincère parce qu’en y réfléchissant bien combien de fois j’ai menti aux autres et surtout combien de fois je me suis menti à moi-même persuadée que mes pensées et mes mots étaient le reflet de mon identité.

Je ne suis pas quelqu’un d’empathique

J’aime discuter, échanger, apprendre des autres, j’aime rendre service. Je comprends les émotions, je les ressens souvent plus intensément que la moyenne. Je les perçois chez mes interlocuteurs avant même qu’ils ne les remarquent eux-mêmes. Mais la plupart du temps les états d’âme des autres me passent par-dessus la tête. Je suis logique si vous avez un problème je suis disponible pour trouver une solution mais si c’est pour vous lamenter trouvez-vous quelqu’un d’autre.

Je ne suis pas quelqu’un de généreux

Mais je donne mon sang. Je participe bénévolement à des actions. Je donne de l’argent à des associations. Mais Je suis une altruiste égoïste parce qu’un comportement généreux active des zones du cerveau liées à la récompense et au plaisir. C’est simple la générosité rend mon cerveau heureux et qui n’aime pas être heureux. Je donne d’abord parce que ça me fait plaisir à moi.

Je ne suis pas quelqu’un de sociable

Mais je ne porte pas de jugement (enfin je m’y emploie le plus souvent possible), j’essaie de comprendre, j’aime rencontrer des personnes passionnées et partager leur savoir. Je trouve les différences extrêmement enrichissantes et je sais que je n’aurai pas assez d’une vie pour tout découvrir. Je suis une insatiable curieuse. Attirée par les idées, les savoirs, par les personnalités qui sauront me distraire. Avec les autres, je pratique du lien social. Je n’apprécie pas les conversations de sortie d’école ou de salon de coiffure mais j’ai appris à m’y résoudre pour vivre dans cette société que j’ai souvent du mal à comprendre.

Je ne suis pas quelqu’un de conciliant

Mais c’est tout simplement parce que le conflit m’ennuie. Le débat m’interpelle, m’interroge, m’intéresse mais avec des gens qui ont l’intelligence de se remettre en question. Pour les autres, je réponds ok et je passe mon chemin. Je suis impatiente et je n’aime pas perdre mon temps avec des interactions sans intérêt.

Je ne suis pas quelqu’un d’équitable

Mais je ne supporte pas l’injustice. Je ne supporte pas que les règles ne s’appliquent pas à tout le monde de la même façon et cela même si j’ai à redire sur le fondement de ces règles. Et surtout je ne supporte pas les gens qui pensent que les règles ne s’appliquent pas à eux pour telle ou telle raison.

Je ne suis pas quelqu’un de gentil, d’agréable, de charmant, de sympathique, qui est plaisant comme le définit le dictionnaire.

Avez-vous remarqué que l’on emploie souvent cet adjectif pour les enfants, « soit gentil » pour leur dire qu’ils doivent se soumettre aux règles.

Un enfant « méchant » c’est souvent celui qui n’écoute pas ce qu’on lui dit, qui ne fait pas ce qu’on attend de lui. A contrario l’enfant gentil c’est celui qui ne fait pas de vague, poli, qui respecte les règles sans en remettre le fondement en question, qui ne pose pas trop de questions et surtout pas d’opposition.

Je suis quelqu’un qui se comporte d’une façon qui plaît pour vivre en relation avec les autres, pour obtenir ce dont j’ai besoin ou ce que je veux comme la joie, la reconnaissance, l’amour.

Ne vous inquiétez pas nous auront tout le temps de discuter de l’égo, du besoin de reconnaissance, d’appartenance, de l’estime de soi et de comment notre cerveau nous joue des tours…

Maintenant prenez quelques minutes. Arrêtez-vous un instant. Examinez-vous avec le regard des autres et superposez l’image qu’ils ont de vous avec la votre. Que voyez-vous?  Partagez votre réflexion en commentaire.

* l’image est tirée du film d’animation le grand méchant renard et autres contes de Benjamin Renner et Patrick Imbert

2 commentaires sur “Je ne suis pas quelqu’un de gentil

Ajouter un commentaire

  1. Merci pour cette présentation dans laquelle je me retrouve sur de nombreux points…
    J’essaie d’être authentique et, comme je le soulevais sur l’article du mensonge, je ne pense pas mentir si je pense sincèrement que ce que je dis me correspond, même si je me trompe. Je ne pense pas que ce soit un manque d’authenticité, mais effectivement, il m’arrive aussi de ne pas assez bien me connaître pour exprimer réellement ce que je veux dire, surtout dans le domaine émotionnel que l’évoque généralement assez peu donc ouf.
    L’empathie, j’en ai, beaucoup, mais je n’aime pas l’exprimer. Et bien que je peux partager avec désolation la peine de quelqu’un, je serai avant tout mal à l’aise d’être sa confidente du moment car je ne sais absolument pas réconforter une personne en peine. Tout comme vous, je trouve des solutions, j’analyse la situation, je démêle les nœuds, mais en aucun cas je ne console. Pareil avec la joie, même si le bonheur de la personne ne me laisse pas indifférente, il est vrai que j’ai du mal à taper des mains et à pousser des cris de poulets égorgés qui sont sensés symboliser la joie (chez de nombreuses femmes, à ce que j’ai pu remarquer, ça semble être le cas).
    La générosité, là aussi, c’est quand je veux, comme je veux. Je peux faire un magnifique cadeau en août à une personne qui a son anniversaire en mars et ne rien lui offrir à son anniversaire, ni à Noël, ni même les deux années suivantes… Parce que j’offre quelque chose quand je sais que ça plaira réellement à une personne, pas juste pour offrir, « marquer le coup » comme on dit.
    On me pense du coup avare parce que j’explique parfois que je ne vois pas l’intérêt d’acheter quelque chose à quelqu’un si ça ne lui plaira pas. On me sort alors que c’est une question d’attention, mais en ce qui me concerne, recevoir quelque chose qui ne me plait pas, si en plus ça a coûté un certain prix, c’est plus un stresse pour moi qu’un plaisir. De un, parce que ça ne me plait pas et qu’il faut dire merci pour l’attention (on peut aussi jouer la sincérité en ajoutant qu’on n’aime pas du tout, ce qui augmente le stresse), de deux, parce qu’on se sent souvent obligé de garder le cadeau quelque temps alors qu’on ne sait vraiment pas quoi en faire, et de trois, parce que si en plus il était cher, on culpabilise d’autant plus de s’en débarrasser (et/ou de dire que ça ne nous plait pas (du tout….)).
    Donc pour certaines choses, je suis généreuse pour me faire plaisir, pour d’autres, c’est vraiment dans le but de faire plaisir à l’autre, mais quand je sais que je tape juste, parce que non, je ne suis pas du genre a dépenser pour n’importe quoi, pour de la m****, qui oblige l’autre a faire preuve de gratitude (on y revient (cf. votre autre article)) pour quelque chose qu’il n’aime pas et n’a pas demandé, mais qui, en même temps, aurait encore moins apprécier ne rien recevoir… (les codes sociaux me dépassent parfois… Aucune logique…)
    La sociabilité… Je ne sais même pas si je veux l’évoquer. Non, je ne suis pas sociable, je ne sais pas entretenir une relation. Parfois, avec certaines personnes que j’aime beaucoup, je renvoie un SMS (je n’aime pas les appels téléphoniques) pour demander des nouvelles, si on peut se voir un de ces quatre. Je n’ai pas l’impression que ne pas avoir donné de nouvelles pendant 6 mois soit mal (d’autant que j’en aurai donné si j’en avais reçu, pourquoi c’est moi qui suis accusée d’avoir mal agit ?….). J’aime la solitude, j’aime avoir du temps pour moi, alors je ne vois pas grand monde, c’est très bien ainsi. Et oui, les discussions chiffons et bébés m’ennuient beaucoup aussi. J’aime les sujets passionnants, qui offre à débattre et a réfléchir, à se remettre en question ou qui troublent… Mais connaître la dernière teinte de vernis de Judith, merci mais beup… Ce qui rejoint la conciliation. Je n’aime pas non plus le conflit, mais je n’aime pas non plus l’éviter quand il est là, j’essaie de l’éviter en amont, aussi en évitant certains sujets qui fâchent. Si je vois que la personne d’en face est enfermée dans ses convictions, pareil, je dis oui oui… Et voilà, je n’ai même plus envie de discuter.
    Quant à l’équité, au contraire, je me reconnais exactement dans la description faite, et j’ai envie de dire que c’est une forme d’équité. Je sais que dans la notion d’équitable il y a une idée de justice naturelle et évidente, mais je pense qu’une communauté, une société, ne peut survivre et être juste sans règles. Ce n’est pas parce que ces règles sont écrites qu’elles n’en sont plus naturelle et évidente. Je n’insulte pas mon prochain pour le plaisir, je ne le frappe pas, je ne tue personne, je ne bouscule pas les gens, j’attends mon tour dans une file d’attente, je prends ma place en deuxième classe quand c’est ce qui est inscrit sur mon billet de train, etc. Évidemment, ces règles sont écrites, mais elles découlent également du bon sens… Donc respecter les règles, même si elles sont écrites, les respecter naturellement (car personnellement je n’ai pas fait d’études de droit donc je ne peux pas prétendre suivre les lois, mais juste faire ce qui me semble logique et juste), c’est une forme d’équité, selon moi.
    Et enfin, la gentillesse…
    Concept étrange. On est gentil pour certains, agressif selon d’autres, prétentieux ici, adorable là… Est-ce nous qui changeons de personnalité en fonction de la personne qui nous fait face (semblerait que oui, même légèrement et inconsciemment) ou est-ce que la personne en face qui nous perçoit différemment selon ses valeurs, son éducation etc. ?
    Peut-être les deux mélangés.
    En ce qui me concerne, je m’efforce d’être juste avec un penchant pour la gentillesse, mais je tente également d’être honnête, vis-à-vis de moi-même et de mon/mes interlocuteur/s. Jamais je ne modifierai une réponse à une question pour plaire.
    Mais pour en revenir aux enfants, le fameux « soit gentil », « c’est méchant », etc. c’est exactement pour ça que je tente de ne pas dire ce genre de choses à ma fille.
    Je ne suis pas une de ces mères extrémistes dans l’éducation positive qui vire au laxisme et à un enfant roi tyrannique, mais il est que j’essaie de faire attention aux formules que j’utilise. Peut-on vraiment dire à un enfant qu’il est méchant quand il tape alors qu’il a à peine un an ? Est-ce que la méchanceté ? Ou juste de la maladresse mêlée à la méconnaissance de la douleurs ? J’opte pour la seconde réponse. Voilà pourquoi je signalerai plutôt vivement que ça fait mal et qu’il ne faut pas recommencer (ou plus doucement, en fonction de l’action), et si malgré tout ma fille recommence, alors je coupe court au jeu ou autre activité, je la déplace, lui montre mon mécontentement, tout en détournant son attention sur autre chose.
    Pour l’instant, ça fonctionne, mais ce sera sans doute a réévaluer quand elle grandira et essaiera d’avoir sa petite autorité d’ »enfant ingrat » :p
    Jolie présentation, et originale !

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑